paratge é drudaria païens

paratge é drudaria païens

Jean GIONO : L'initié qui écoute la parole des nuages et lit la grande écriture des étoiles. De garçon j'étais devenu homme, d'homme j'étais devenu berger. Le vrai métier du berger, un seul l'enseigne : le ciel.

Je sais très bien faire le feu.
Il parait que c'est l'apanage des amoureux et des poètes.
Je pris mon repas bien au chaud en le faisant traîner.
Je ne suis pas de ces hommes seuls qui se dépêchent.
Mon état m'a toujours plu.
Il n'y a jamais eu aucune raison que je me hâte.
Mes plus grandes JOIES, je les ai toutes eues dans ces lenteurs.

Le vent éparpille de la rosée comme un poulain qui se vautre. Il fait jaillir des vols de moineaux qui nagent un moment entre les vagues du ciel, ivres, étourdis de cris, puis s’abattent comme des poignées de pierres 

-"Oh Panturle, je te croyais mort !
-J'en ai pas envie."

Une histoire est restée inscrite dans les pierres des monuments ; le passé ne peut pas être entièrement aboli sans assécher de façon inhumaine tout avenir.

Il était plein de douceur, et de calme, et d'espoir, comme quand on respire le vent de mai

Sous le couvert il s'arrêta."La mort attrape ceux qui courent",se dit-il.Il voulait examiner la situation.

Cela ne servirait à rien de se mettre la tête sous les draps. Il faut toujours regarder le malheur en face.

Je n'ai jamais cru que l'école, ou les écoles, était suffisante pour faire un homme; il y faut le travail de la vie

 

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Le berger prend l’enfant dans ses bras en corbeille.
Il souffle sur la bouche du petit.
« Le vert de l’herbe », il dit.
Il souffle sur l’oreille droite du petit.
« Les bruits du monde », il dit.
Il souffle sur les yeux du petit.
« Le soleil. »
« Bélier, viens ici. Souffle sur ce petit homme pour qu’il soit, comme toi, un qui mène, un qui va devant, non pas un qui suit. »

C’est de nous que doit venir le remède. Ces racines, ces graines de cyprès, toutes ces peinturlures, ça ne sert à rien, c’est moi qui te le dis. Le remède ? C’est dans nos bras et dans notre tête, qu’il est. Dans nos bras, surtout. Les collines, ça se mène comme les chevaux, dur. Tu comprends bien que je les connais ; je n’ai pas chassé sur elles pendant trente ans sans avoir appris leurs façons de faire. Ça va nous tomber sur le poil d’un coin que nous ne surveillons pas et, tout de suite, il faudra présenter la poitrine et faire marcher les bras. Qui gagnera ? Nous. Pas l’ombre d’un doute. C’est un mauvais moment à passer, mais je jouerais qu’on gagnera. Ça c’est toujours vu comme ça. Seulement, pour gagner faut pas bâiller aux santons

Il faut, je crois, voir, aimer, comprendre, haïr l’entourage des hommes, le monde d’autour, comme on est obligé de regarder, d’aimer, de détester profondément les hommes pour les peindre. Il ne faut plus isoler le personnage-homme, l’ensemencer de simples graines habituelles, mais le montrer tel qu’il est, c’est-à-dire traversé, imbibé, lourd et lumineux des effluves, des influences, du chant du monde. Pour qui a vécu un peu de temps dans un petit hameau de montagne, par exemple, il est inutile de dire combien cette montagne tient de place dans les conversations des hommes. Pour un village de pêcheurs, c’est la mer ; pour un village des terres, ce sont les champs, les blés et les prés. On ne peut pas isoler l’homme. Il n’est pas isolé. Le visage de la terre est dans son cœur. Pour faire ce roman, il ne faudrait que des yeux neufs, des oreilles neuves, des chairs nouvelles, un homme assez meurtri, assez battu, assez écorché par la vie pour ne plus désirer que la berceuse chantée par le monde.

Sur les talus brûlés jusqu’à l’os quelques chardons blancs cliquetaient au passage comme si la terre métallique frémissait à la ronde sous les sabots du cheval. Il n’y avait que ce petit bruit de vertèbre, très craquant malgré le bruit du pas assourdi par la poussière et un silence si total que la présence des grands arbres muets devenait presque irréelle. La selle était brûlante. Le mouvement des sangles faisait mousser de l’écume. La bête suçait son mors et, de temps en temps, se raclait le gosier en secouant la tête. La montée régulière de la chaleur bourdonnait comme d’une chaufferie impitoyablement bourrée de charbon. Le tronc des chênes craquait.



Dans le sous-bois sec et nu comme un parquet d’église, inondé de cette lumière blanche sans éclat mais qui aveuglait par sa pulvérulence, la marche du cheval faisait tourner lentement de longs rayons noirs. La route qui serpentait à coups de reins de plus en plus raides pour se hisser à travers de vieux rochers couverts de lichens blancs frappait parfois de la tête du côté du soleil. Alors, dans le ciel de craie s’ouvrait une sorte de gouffre d’une phosphorescence inouïe d’où soufflait une haleine de four et de fièvre, visqueuse, dont on voyait trembler le gluant et le gras. Les arbres énormes disparaissaient dans cet éblouissement : de grands quartiers de forêts engloutis dans la lumière n’apparaissaient plus que comme de vagues feuillages de cendre, sans contours, vagues formes presque transparentes et que la chaleur recouvrait brusquement d’un lent remous de viscosités luisantes. Puis la route tournait vers l’ouest et, soudain rétrécie à la dimension du chemin muletier qu’elle est devenue, elle était pressée d’arbres violents et vifs aux troncs soutenus de piliers d’or, aux branches tordues par des tiges d’or crépitantes, aux feuilles immobiles toutes dorées comme de petits miroirs sertis de minces fils d’or qui épousaient tous les contours.

Le jour s’assombrit peu à peu. La pluie commença par n’être qu’une fine mousseline tiède, puis, s’écroula en blocs de plus en plus pesants pendant une quarantaine d’heures ; sans rage ; avec une sorte de paix tranquille. Enfin, il y eut un coup de tonnerre magnifique, c’est-à-dire avec une belle déchirure rouge et tellement retentissant que les oreilles s’en trouvèrent toutes débouchées. Le ciel s’ouvrit. De chaque côté de la fente des châteaux vertigineux de nuages s’étagèrent et le ciel apparut azuré à souhait. À mesure que les châteaux de nuages s’éloignaient l’un de l’autre découvrant de plus en plus du ciel, l’azur vira au bleu de gentiane et tout un ostensoir de rayons de soleil se mit à rouer à la pointe extrême des nuées.

Viens, suis-moi. J'ai ici ma vigne et mon vin ; mes oliviers, et je vais surveiller l'huile moi-même au vieux moulin... Tu as vu l'amour de mon chien? Ca ne te fait pas réfléchir, ca?... Viens, venez tous, il n'y aura du bonheur pour vous que le jour où les grands arbres crèveront les rues, où le poids les lianes fera crouler l'obélisque et courber la Tour Eiffel ; où, devant les guichets du Louvre, on n'entendra plus que le léger bruit des cosses mûres qui s'ouvrent et des graines sauvages qui tombes ; le jour où, des cavernes du métro, des sangliers éblouis sortiront en tremblant de la queue.

On a l’impression qu’au fond les hommes ne savent pas très exactement ce qu’ils font. Ils bâtissent avec des pierres et ils ne voient pas que chacun de leurs gestes pour poser la pierre dans le mortier est accompagné d’une ombre de geste qui pose une ombre de pierre dans une ombre de mortier. Et c’est la bâtisse d’ombre qui compte

C'était une nuit extraordinaire.
Il y avait eu du vent, il avait cessé, et les étoiles avaient éclaté comme de l'herbe. Elles étaient en touffes avec des racines d'or, épanouies, enfoncées dans les ténèbres et qui soulevaient des mottes luisantes de nuit.

Subitement il fit très froid. Antonio sentit que sa lèvre gelait. Il renifla. Le vent sonna plus profond; sa voix s'abaissait puis montait. Des arbres parlèrent; au-dessus des arbres le vent passa en ronflant sourdement. Il y avait des moments de grand silence, puis les chênes parlaient, puis les saules, puis les aulnes; les peupliers sifflaient de gauche et de droite comme des queues de chevaux, puis tout d'un coup ils se taisaient tous. Alors, la nuit gémissait tout doucement au fond du silence. Il faisait un froid serré. Sur tout le pourtour des montagnes, le ciel se déchira. Le dôme de nuit monta en haut du ciel avec trois étoiles grosses comme des yeux de chat et toutes clignotantes.

« Ils font l’amour. La terre leur a déjà bourré la tête avec des odeurs et maintenant elle frappe avec de gros marteaux de joie sur la cuirasse de leur crâne. »

Une lointaine forêt gémissait et parlait avec des mots de rêve.

La vie, c'est du mouvement, c'est des soupirs..

L'essentiel n'est pas de vivre. C'est d'avoir une raison de vivre.

Le galet de la lune roule sur le sable du ciel.

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Il est debout devant ses champs.Il a ses grands pantalons de velours brun, à côtes; il semble vêtu avec un morceau de ses labours. Les bras le long du corps, il ne bouge pas.Il a gagné : c'est fini.
Il est solidement enfoncé dans la terre comme une colonne.

Un silence tombe. Depuis l'incendie, le silence est encore plus lourd qu'avant; les arbres ne le tiennent plus relevé au-dessus des hommes, il écrase la terre de tout son poids. Puis, du milieu de la lande noire, monte le hurlement d'un chien.

La lune éclairait le sommet des montagnes. Sur le sombre océan des vallées pleines de nuit, la haute charge des rochers, des névés et des glaces montait dans le ciel comme un grand voilier couvert de toiles.

Toutes les erreurs de l'homme viennent de ce qu'il s'imagine marcher sur une chose inerte alors que ses pas s'impriment dans de la chair pleine.

On ne peut rien dire en criant.

Enfant nous venons, enfant nous tournons

Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière ;l'ombre n'est qu'un attrape-nigaud.

Le soleil n'est jamais si beau qu'un jour ou l'on se met en route.

Les sentiers battus n'offrent guère de richesse ; les autres en sont pleins

La vie, c'est de l'eau ; si vous mollissez le creux de la main, vous la gardez. Si vous serrez les poings vous la perdez.

"Les sentiments ont leur climat, hors desquels ce sont des monstres."

Sa femme, plus âgée que lui, était une créole toujours belle et lente comme une après-midi de fin juin.

Je sentais que ça allait venir.
Après boire, l'homme qui regarde la table et qui soupire, c'est qu'il va parler.

L'important n'est pas que les autres sachent et même reconnaissent que je vaux mieux : l'important est que moi je le sache

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L'homme, on a dit qu'il était fait de cellules et de sang. Mais en réalité il est comme un feuillage. Non pas serré en bloc mais composé d'images éparses comme les feuilles dans les branches des arbres et à travers lesquelles il faut que le vent passe pour que ça

Les réalités ne valent pas les rêves

Elle vient de le tutoyer et le ciel, avec tout son verger d'étoiles est en lui.

Quand les limites s'effacent, entre le réel et l'irréel et qu'on peut passer librement de l'un dans l'autre, le premier sentiment qu'on éprouve, contrairement à ce qu'on croit, est le sentiment que la prison s'est rétrécie

L'homme solitaire prend une fois pour toutes l'habitude de s'occuper de ses propres rêves; il ne peut plus réagir tout de suite à l'assaut des propositions extérieures. Il est comme un moine à son bréviaire dans une partie de balle au camp, ou comme un patineur qui glisse trop délibérément et qui ne peut répondre aux appels qu'en décrivant une longue courbe

Qu'est ce que c'est que ça, Clorinde?
Ça, c'était une musique de vent, ah, mais une musique toute bien savante dans les belles choses de la terre et des arbres.
Ça sentait le champ de maïs ténébreux : de longues tiges et de larges feuilles.
Ça sentait la résine et le champignon et l'odeur de la mousse épaisse.
Ça sentait la pomme qui sèche.
-Ça fait Clorinde, c'est lui en bas, qui se désennuie en jouant de la musique. C'est comme ça tous les jours. C'est rudement beau
Oui, c'est rudement beau.
Et ça poignait durement dans le milieu du ventre comme quand on vous dit l'expression de toute la vérité bien en face.

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Vers le milieu du jour ils traversèrent le large verger de châtaigniers qui barrait le fleuve. Ils l'abordèrent doucement, sans bruit. Ils courbèrent le dos, le radeau glissa sous les arbres. Une grande chose était en train de s'accomplir ici. Les feuillages touchaient presque le fleuve. Ils étaient pleins de soleil mais la grande illumination venait des fleurs. Des étoiles. Comme celles du ciel, plus larges que la main avec une odeur de pâte en train de lever ! Une odeur de farine pétrie, l'odeur salée des hommes et des femmes qui font l'amour ! L'eau calme était couverte de poussière jaune. Le radeau écartait des brouillards de pollen.

 

Tout était changé. L’air lui-même. Au lieu des bourrasques sèches et brutales qui m’accueillaient jadis, soufflait une brise souple chargée d’odeurs. Un bruit semblable à celui de l’eau venait des hauteurs : c’était celui du vent dans les forêts. Enfin, chose plus étonnante, j’entendis le vrai bruit de l’eau coulant dans un bassin. Je vis qu’on avait fait une fontaine, qu’elle était abondante et, ce qui me toucha le plus, on avait planté près d’elle un tilleul qui pouvait déjà avoir dans les quatre ans, déjà gras, symbole incontestable d’une résurrection.

 

D'ailleurs, tout de suite après il se met à tomber de la neige. A midi, tout est couvert, tout est effacé, il n'y a plus de monde, plus de bruits, plus rien. Des fumées lourdes coulent le long des toits et emmantellent les maisons ; l'ombre des fenêtres, le papillonnement de la neige qui tombe l'éclaircit et la rend d'un rose sang frais dans lequel on voit battre le métronome d'une main qui essuie le givre de la vitre, puis apparaît dans le carreau un visage émacié et cruel qui regarde.

 

Surtout pas d'appareils photographiques, caméras et ainsi de suite: les beaux paysages ne se captent pas dans des boites, ils s'installent dans les sentiments.

 

cet apaisement qui nous vient dans l'amitié d'une montagne, cet appétit pour les forêts, cette ivresse qui nous balance, parce que nous avons senti l'odeur des bardanes humides, des champignons, des écorces.

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Il n'osait pas respirer trop fort, ni parler ... sans force, tout lié en gerbe par cette sacrée corde du bonheur ...

 

Mais vivre pour lui c'était donner parce que, pour sa femme, donner c'était vivre.

 

On ne peut pas isoler l'homme. Il n'est pas isolé. Le visage de la terre est dans son cœur

 

Quand une pomme tombe du pommier, que voulez-vous, les vers s’y mettent.

 

En colline, un fil d'eau c'est la vie

 

Connaître, c'est quitter, maintenant tâche d'aimer : aimer, c'est joindre

 

Le serpent, quel qu'il soit, est d'une beauté si simple et si totale que l'homme le tue par plaisir

 

Les collines, avec leurs landes à genièvre, les petits champs labourés, les bosquets et les forêts d’yeuses, ressemblaient à des tapis de laine bourrue et mordorée, comme on en fait pendant les soirées d’hiver

 

Depuis que les nuits étaient devenues aussi chaudes que les jours,on entendait chanter les hautes montagnes. La fonte des neiges les faisait ruisseler d'eau. Les glaces qui pendaient contre les parois des vallons s'étaient écroulées avec des bruits de tonnerre.

 

Deux jours et deux nuits le vent a soufflé. Il était chargé de nuages ; maintenant il pleut. L’orage qui bouchait les défilés du fleuve s’est levé. Comme un taureau fouetté d’herbes, il s’est arraché à la boue des plaines ; son dos musculeux s’est gonflé ; puis il a sauté les collines, et il s’est mis en marche dans le ciel.

 

Mamma, regarde la nuit, c'est plein d'étoiles qu'on sème tout juste. Qui c'est qui les sème? Qui c'est qui en a un sac tout plein? C'est des poignées et des poignées qu'on jette; on dirait du riz, regarde.

 

Il y a une chose qui est tout le tragique de la vie. Oui, de la vie, c'est que nous ne sommes que des moitiés. Depuis qu'on a commencé à bâtir des maisons et des villes, à inventer la roue, on n'a pas avancé d'un pas vers le bonheur. On est toujours des moitiés. Tant qu'on invente dans la mécanique et pas dans l'amour on n'aura pas le bonheur.

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Il était cassant comme ceux qui ne sont vraiment pas obligés de vous expliquer le pourquoi et le comment; et ont autre chose à faire qu'à attendre que vous ayez compris.

 

Regarde cette pierre. Antonio tourna la pierre dans ses mains. Elle est belle dit-il.
Regarde, dit Toussaint, On dirait un grand pays, tu vois ces taches vertes avec leur encerclage noir, là ces plaines rousses avec la petite ligne brune qui sépare les champs. C’est un petit lichen vieux comme le monde : quelle confiance ! Et c'est gros comme un poil de mouche et ça se dit : j'ai le temps

 

Au matin, Panturle a ouvert sa porte sur le monde délivré. C’est la vie, c’est la belle vie avec des gestes et des courses. Tout le bois, les bras en l’air, danse sur place une grande danse énervée. De larges navires d’ombre naviguent sur les collines. Le vol des nuages s’élance d’une rive du ciel à l’autre. Il passe dans le vent un corbeau tout éperdu, roulé comme une feuille morte.

 

C'était un bel homme, vous savez ! Peut être pas un de ceux qui plaisent aux filles : un de ceux auxquels pensent les femmes.

 

"Si les intentions tuaient, nos salles à manger, nos chambres à coucher, nos rues seraient jonchées de morts comme au temps de la peste."

 

N'aide pas : ça ruine. N'aime pas. Malheureusement c'est difficile. Alors, aime-toi. C'est toujours ça de gagné

 

Les pays à soleil vivent vite, obligent à la violence et à la solitude. Cette rapidité de vie produit le mensonge.Non pas le contraire de la vérité mais le mensonge général, c'est-à-dire la création d'une autre vérité

 

 – Je ne sais pas, dit l'aveugle. Qu'est-ce que c'est que votre jour dont vous parlez tant, votre nuit, vos villes, vos lumières, vos fenêtres allumées ?
La nuit c'est ce que tu vois, toi, dit Antonio.
Et le jour ?
Le jour, dit Antonio, c'est le jour, comment te dire ?
Moi, dit l'aveugle, voilà ce que je crois : le jour c'est l'odeur

 

Le monde se trompe, dit Bobi. Vous croyez que c'est ce que vous gardez qui vous fait riche. On vous l'a dit. Moi je vous dis que c'est ce que vous donnez, qui vous fait riche (...). Vous n'avez pas d'autre grange que cette grange-là, dit-il en se frappant la poitrine. Tout ce que vous entassez hors de votre cœur est perdu.

 

Regarde autour de toi le monde sans cesse grandissant des gens qui se prennent au sérieux. Outre qu'ils se donnent un ridicule irrémédiable devant les esprits semblables au mien, ils se font une vie dangereusement constipée. Ils sont exactement comme si, à la fois, ils se bourraient de tripes qui relâchent et de nèfles du Japon qui resserrent. Ils gonflent, ils gonflent, puis ils éclatent et ça mauvais pour tout le monde. Je n'ai pas trouvé d'image meilleure que celle-là. D'ailleurs, elle me plaît beaucoup. Il faudrait même y employer trois ou quatre mots de dialecte de façon à la rendre plus ordurière que ce qu'elle est en piémontais. Toi qui connais mon éloignement naturel pour tout ce qui est grossier, cette recherche te montre bien tout le danger que courent les gens qui se prennent au sérieux devant les jugements des esprits originaux. Ne sois jamais une mauvaise odeur pour tout un royaume, mon enfant. Promène-toi comme un jasmin au milieu de tous.

 

Et tous les échos s'étaient réveillés. Les ruisseaux et les torrents bondissaient partout comme des courses de moutons ou des cavalcades de grosses juments blanches.

 

J'étais, petite graine, au milieu d'un bouquet pendu à la porte d'une cabane, dans un pays au-delà des mers. Et voilà que, le soir, à l'heure où le soleil fait flamber de froides flammes rouges à travers les cèdres, un homme passa sur le seuil. Son turban heurta le bouquet de fleurs violettes et je tombai sur la pierre. La nuit vint ; la main molle du vent me prit et m'emporta.

 

J'étais au bout de la ficelle d'amitié amarrée dans nos deux cœurs ; encore un pas et elle cassait. Et j'ai fait ce pas en arrière, et je suis parti.

 

Elle ne savait pas encore - n'ayant que quatorze ans - que, les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus elles sont extraordinaires, plus on a de joie à les donner.

 

" Il y a quelques années, les enfants s'étant dispersés, nous nous trouvâmes seuls, ma femme et moi. Un soir, je fumais la pipe après le dîner, Élise me dit : 'il nous manque quelques vieillards dans notre maison'. C'était vrai. J'en sentais comme elle le besoin. Il n'y avait qu'à faire confiance au temps. Maintenant, c'est Élise et moi qui sommes vieux. (...) Je ne retournerais pas à trente ou quarante ans pour tout l'or du monde et pas à vingt pour tout l'or de l'univers. Il est très agréable de vieillir. La diminution des forces physiques est un enchantement. C'est l'apprentissage de la mesure: l'eau qu'on est obligé de mettre dans son vin délivre le goût de l'habitude de la violence. Vient un moment où on jouit d'un milligramme, quand avant il en fallait des tonnes".

 

L'amour c'est toujours emporter quelqu'un sur un cheval

 

La nuit est tant usée d'étoiles qu'on voit la trame du ciel

 

L'été est là à gémir qu'il va mourir

 

Souviens-toi, tout le bonheur des hommes est dans de petites vallées. Bien petites ; il faut que d'un bord à l'autre on puisse s'appeler.

 

Si on sait lire dans les bruits de l’air on apprend qu’il couche là, qu’il va de là à là, qu’il cherche les cailles, qu’il suit les perdreaux. Après, caler le piège, c’est un jeu.

 

Quand on ne fait rien pour le lépreux, il devient de plus en plus lépreux.

 

La religion? Elle a failli à ses devoirs. Elle est le soutien naturel de cette société qui traîne le malheur sur la terre comme une herse de fer. Elle est comme ces hautes flammes du soleil qui se détachent de la masse de feu et roulent dans l'espace, se refroidissant en mondes noirs qui s'éloignent de l'astre générateur et plongent dans les abîmes. Il y a bien longtemps que la religion n'a plus aucun rapport avec Dieu

 

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Le poète doit être un professeur d 'espérance

 

Le  héros n'est pas celui qui se précipite dans une belle mort ; c'est celui qui se compose une belle vie.

 

Un homme ne va jamais plus loin que lorsqu'il ignore où il va.

 

Les spéculations purement intellectuelles dépouillent l'univers de son manteau sacré

 

La femme, ça a toujours un coin, où en appuyant, ça pleure

 

La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence

L'univers  nous appartient dans la proportion où nous lui appartenons

 

La jeunesse, c'est la passion pour l'inutile



16/06/2014
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